Patrimoine, documentation et Humanités numériques

Le concept d’Humanités Numériques ou Humanités digitales n’accepte qu’un seul consensus c’est sa référence au terme anglais ; les Digital Humanities. Pour le reste, il n’existe pas de définition commune à ce jour. De manière générale, on peut tenter d’expliquer les humanités numériques par l’observation des répercussions de l’usage des nouvelles technologies, du web, du numérique sur notre rapport au savoir. Les humanités numériques concernent donc à la fois les sciences humaines et sociales mais également l’informatique, l’histoire et les arts;

Dans cette perspective de définition , mes travaux de recherche s’inscrivent donc dans les humanités numériques puisqu’ils interrogent la manière donc le changement de support du document interagit sur les acteurs et les processus dans l’organisation.

Le document est l’élément essentiel de la circulation de l’information entre les différents acteurs liés autour d’un même processus organisationnel dans toute organisation. Traditionnellement basé sur le support papier, ce document semble perturber les pratiques de ces acteurs lorsqu’il change de support [Pédauque, 2003]. En effet, le passage d’une documentation dont on peut directement percevoir la matérialité et les modes d’organisation, à des objets numériques dont ils n’est possible d’envisager l’existence qu’en fonction de ce que les écrans d’ordinateur nous permettent d’en appréhender [Cotte, 2004], bouleverse un grand nombre d’habitudes de travail. Mes travaux de recherche consiste donc à interroger cette modification de rapport en observant l’ensemble des processus de production, de stockage, de partage ou encore de recherche de l’information.

Observer les méthodes et pratiques de l’inventaire du patrimoine muséographique, traditionnellement basé sur des pratiques à forte composante documentaire, reposant essentiellement sur du papier, me permet d’illustrer ce propos.

Mes travaux de recherche de terrain dont l’objectif est de mieux comprendre en quoi la numérisation des documents modifie les pratiques documentaires interroge  la manière dont le document participe à structurer les pratiques professionnelles et d’observer la relation entre action, document et organisation [Guyot, Peylerong, 2005]. Mes travaux de thèse s’appuient sur une méthodologie d’observation du processus organisationnel d’inventaire du patrimoine muséographique et de ses objets documentaires ainsi que plusieurs entretiens avec les acteurs liés autour de ce même processus.

Les périodes d’observation et les entretiens se sont déroulés au LAM, Lille Art Museum, situé à Villeneuve d’Ascq, au Musée d’Orsay à Paris et au Musée La Piscine de Roubaix.

Mes constats portent sur le rapport symbolique au document et sur la notion de possession et de propriété qui interviennent dans le processus organisationnel de l’inventaire. Ceux-ci sont différents selon que le support de l’inventaire et des objets documentaires entourant l’objet muséal soient papier ou numérique. L’organisation du processus lui-même est ensuite analysée notamment en fonction de la place et des rôles respectifs des différents individus autour du même collectif de production documentaire. Nous verrons que si les places dans l’organisation tendent à résister, les rôles, eux peuvent parfois devenir interchangeables.

 

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